Grand angle
On prend du recul pour explorer une vallée du paysage numérique…
Associations et collectivités : avancer ensemble
Aujourd’hui plus que jamais, entre le monde associatif et les collectivités territoriales, les relations sont constructives et les volontés d’avancer, partagées. Il faut dire que le dynamisme du tissu associatif hexagonal et le souci grandissant des élus d’en soigner les acteurs poussent au rapprochement, ainsi qu’ à une meilleure connaissance mutuelle.
De plus en plus d’associations
1,1 million d’associations en France, 15 millions de bénévoles, 1,9 millions de salariés à temps plein ou partiel, et bien sûr une majorité d’associations sans salarié (on en dénombre 900 000). Si elles fonctionnent pour la plupart avec un petit budget (1/5ème d’entre elles disposent de moins de 1000 euros annuels), les associations françaises ont le vent en poupe. Est-ce un signe des temps ? Alors que nos sociétés occidentales traversent indubitablement une crise de valeurs où s’entre-choquent à des degrés divers précarité sociale, solitude, individualisme, durcissement des conditions de vie (certains sociologues parlent de transition profonde vers une nouvelle donne sociétale qui ne peut surgir que d’un chaos actuellement en gestation…), le nombre de nouvelles associations ne cesse de croître : 4% d’augmentation chaque année entre les enquêtes de 1999-2000 et celles de 2006 (date du dernier état des lieux complet). L’excellent travail réalisé par Viviane Tchernonog du Centre d’économie de la Sorbonne (équipe Matisse) a également permis de clarifier leurs secteurs d’activités : environ 60% concernent le sport, les loisirs et la culture. Viennent ensuite les associations de type militant et puis celles globalement tournées vers les autres, comme les associations sociales, caritatives, humanitaires….
Des enjeux partagés
Besoin de recréer du lien social autour de centres d’intérêts communs dans un contexte sociétal âpre ? Quoi qu’il en soit, le dynamisme du tissu associatif français est réel, même si les racines de ce « succès » puisent dans des réalités bien spécifiques selon les histoires et tropismes locaux, réalités économiques, politiques,… « Une ville ne peut fonctionner avec un lien de cohésion sociale que grâce à une vie associative riche (…) La pérennité des associations est un signe de bonne santé pour elles, mais aussi pour la vie politique », expliquait en mars 2009 Danièle Poissenot, adjointe à la Mairie de Besançon en charge notamment de la vie associative. Pour elle comme pour nombre d’élus, les attentes réciproques entre le monde associatif et les collectivités territoriales entrent dans un rapport gagnant-gagnant : en règle générale, les associations sont des partenaires indispensables et complémentaires de l’action municipale car elles oeuvrent pour l’intérêt commun, et agissent souvent dans des champs d’activités complémentaires à ceux de la Ville. Tout en conservant leur liberté d’action, elles sollicitent locaux, subventions, soutien logistique, conseils… François Desmero, membre du conseil local de la vie associative de la Ville d’Aubagne, résume très bien les enjeux de la relation : « le rapport qui existe entre la collectivité et les associations est, de mon point de vue, le suivant : les associations constituent un outil pour la poursuite des objectifs politiques, tandis que la Ville est un outil pour que les associations atteignent leurs objectifs. »
Mieux se connaître
En un mot comme en cent, les Villes ont bien compris aujourd’hui l’intérêt stratégique de soigner ces structures, à la fois vecteurs, amplificateurs et témoins privilégiés d’une certaine forme de vitalité locale. Reste à bien connaître son tissu associatif pour bien le mettre en valeur, ce qui n’est pas toujours facile. Luc De Backer, Président du RNMA (Réseau National des Maisons d’Associations) et de la maison des associations de Tourcoing (50 ans d’existence) lors de l’Assemblée Générale de mars 2009 : « face à la difficulté de cerner le maquis associatif, comment mettre en place des réponses claires et structurées ? Essayons de mettre un peu d’ordre : désignons des élus, créons des services, administrons la vie associative qui n’est pas en mesure de le faire elle-même ». Tout indique que les décisions vont dans ce sens : même en situation de difficultés budgétaires, les Municipalités s’investissent massivement, humainement et financièrement, dans la création de structures locales. Un signe parmi d’autres : la Ville de Paris qui, « pratiquement ex nihilo, a créé 20 Maisons des associations sur un mandat, plus un centre d’informations et de ressources », souligne encore Luc De Backer.
Respecter la bonne distance
Car c’est un fait : les associations ne se connaissent pas entre elles, et les Villes n’ont pas de vision d’ensemble du champ associatif local. Améliorer l’interconnaissance entre acteurs locaux s’impose comme un chantier fondateur, explique en substance Henri Busnel, qui exerce depuis trente ans son activité professionnelle dans des fonctions d'animation et de direction d'associations des secteurs social, éducatif et culturel… « Par ailleurs, une politique de soutien à la vie associative est à réfléchir à différents niveaux territoriaux : de la proximité au territoire élargi, du quartier au pays, en passant par la commune et l’intercommunalité, on sait que chaque commune ne peut disposer de toutes les expertises (…) » Les élus le savent bien : tout l’enjeu aujourd’hui consiste à trouver la bonne distance entre une puissance publique soucieuse de sa vie associative et capable de lui proposer des services, et des associations revendiquant une certaine forme d’autonomie. Et si une partie de la solution consistait d’abord à tout mettre en œuvre pour valoriser leur existence, leur dynamisme, leurs actualités propres, en les fédérant dans le même temps dans une démarche collective, territoire par territoire ?
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