Grand angle

On prend du recul pour explorer une vallée du paysage numérique…

Mystères de l’Avesnois : les chemins de traverse

Imaginez une chouette - la bien nommée Athéna – vous guidant sur les sentiers de l’Avesnois à la découverte des secrets et légendes locales, réels ou imaginaires. En chemin, vous rencontrez des fantômes, des soldats de la première guerre mondiale, des tailleurs de pierre, des animaux empaillés et des arbres noueux qui chantent. Impossible ? Peut-être… Pour le savoir, rien de tel que l’appli mobile « Mystères de l’Avesnois » téléchargeable sur Apple store et bientôt Google Play.

Narration mobile

Pour les concepteurs des Mystères de l’Avesnois (les sociétés Inouit et Furet), c’est un beau pari réussi : il s’agissait de créer de toutes pièces une collection de balades interactives (Cf interview de Céline Gardier) faisant la part belle aux jeux de pistes, enquêtes, énigmes, quiz. Objectif : permettre aux visiteurs locaux comme aux touristes de tous âges de découvrir en s’amusant et sous un angle nouveau les jolis villages et campagnes de l’Avesnois, tout en mettant en valeur leurs patrimoines architectural, floral, faunistique, culturel, historique et biens sûr, les acteurs économiques locaux. Un chouette travail créatif et technique où a été fait la part belle à l’imagination.
Alain Delfosse, Directeur conseil Inouit, en charge de la rédaction des textes et histoires qui jalonnent les parcours : « la rédaction pour ce type d’outil – l’application mobile – exige des textes courts, impactants et allant droit au but, intelligemment au service des illustrations, photos, jeux ou quiz proposés. Sur un écran, à peu de chose près, il faut appâter le visiteur qui doit comprendre ce qu’il est attendu de lui, adhérer au jeu, et lui donner envie de trouver les solutions pour passer à l’étape suivante. Le tout bien sûr en suivant une énigme globale, avec un vrai début, un milieu et une révélation. C’est passionnant car par ailleurs, l’idée, c’est aussi de diffuser un réel parfum de mystère avec une économie drastique de mots. » Il aura donc fallu de sacrées séances de repérages dans les 3 villages concernés – Féron, Obies, Wallers-en-Fagne – en compagnie d’un référent local pour dénicher sur les parcours – des randonnées douces de 2 heures maximum – les particularités, futurs leviers des énigmes (il y a une étape tous les 200 mètres en moyenne dans les villages, certains chemins de campagnes en proposant en moyenne tous les 400 mètres…) : un vrai travail d’observation, de réflexion et de recoupements pour donner à l’ensemble des balades une cohérence narrative, mêlant énigmes et animations capables de plaire aux enfants comme aux adultes. Nicolas Bel, chef de projet Inouit : « nous avons fait en sorte d’animer et d’orchestrer des jeux et QCM capables de créer des « ponts » entre les générations, afin qu’entre les jeunes et moins jeunes, des contacts se nouent autour des réponses à trouver, des réflexions à mener. Le vrai écueil à éviter : concevoir un produit pour technophiles. Nous voulions avant tout que chacun, avec son smartphone, une fois l’appli téléchargée, puisse intuitivement s’y retrouver, sans connaissance particulière. »

Storytelling et premières esquisses

Le design, les chemins d’informations, le travail sur les boutons, les pictos, les visuels, les maquettes des pages ont été tout particulièrement soignés. Ils permettent au final que chacun se sente vraiment pris par la main, et se consacre entièrement à son plaisir de jouer, de profiter de la balade. En partant du fond documentaire récolté quelques semaines plus tôt lors des repérages (photos, notes, anecdotes locales, premiers échanges in situ) des premiers powerpoint, pouvant être apparentés à des storyboard, permettaient de faire valider en amont aux parties prenantes locales (mairie, référent, ainsi qu’aux membes du Parc naturel régional de l’Avesnois - le commanditaire - les principes de jeux, interactions d’un écran à l’autre, déroulés des histoires. « Nous avons assuré un travail d’équilibriste pour mettre en valeurs les acteurs des villages visités – commerçants, tailleurs de pierre, mairies, gîtes … intimement mêlés aux scénarii – tout en les plongeant au cœur de légendes inventées de toutes pièces parfois, bien réelles d’autres fois. L’idée : créer in fine des parcours uniques, complémentaires les uns par rapport aux autres. Le concept de collection en dépendait», résume Alain.

Un violoniste, un poilu…

A ce jour, 3 balades existent, téléchargeables sur Apple Store. Sur Féron, nous voilà propulsés dans un passé lointain, sur les traces (dans et autour du village) d’un violoniste un peu timide, au bras de sa bien-aimée, pour laquelle il a composé une chanson destinée à lui déclarer sa flamme. Hélas, la partition s’est perdue dans le replis de l’histoire. Si les enquêteurs, smartphone en main, résolvent toutes les énigmes, alors ils auront la chance d’entendre comme par magie la fameuse ballade. « Ici, nous avons bâti le scénario d’un trait, car il y a effectivement sur la place de Féron la statue d’un violoniste à l’air un peu triste. De là, le scénario de base nous est vite apparu. La coloration de cette énigme, tout en étant mystérieuse, est assez romantique », synthétise Alain. Changement de tonalité pour Obies, qui par ailleurs ne bénéficiait pas encore d’un quelconque parcours de randonnée. « Les étapes ont assez vite été fixées, mais il nous manquait le fil rouge. C’est lors du repérage qu’en découvrant devant l’église locale un monument à la mémoire des soldats de la grande guerre, surmonté comme il se doit d’un fier poilu dans son uniforme bleu, que l’histoire s’est imposé, presque d’elle même. Nous avons donc décidé de broder un scénario autour de la guerre 14-18, en suivant les errances d’un étrange personnage débarquant au petit matin dans les ruelles du village. Qui était-il ? Que faisait-il ici, sale, fatigué et seul ? Le prénommé Gustave – dont il faut découvrir le métier, la fonction - nous a ouvert la voie d’une histoire naviguant entre poésie et crainte du tireur embusqué. » De là, toutes les particularités locales s’emboîtaient dans le canevas imaginé, avec une petite dose d’émotions liée au contexte exploré.

… et un parcours initiatique

 Quant à Wallers-en-Fagne, c’était beaucoup plus simple : ce village de tailleurs de pierre – de sacrés personnages d’ailleurs, que nous vous invitons à rencontrer si vous passez par là – regorge d’anecdotes et points d’étapes qu’il a été aisé d’enfiler le long d’une trame narrative souhaitée par le maire. « Le métier de tailleur de pierre devait légitimement être à l’honneur », explique-t-on chez Inouit. Nous plongeons donc le visiteur dans l’origine historique (et fantasmée) de la vocation du tout premier tailleur de pierre de l’histoire du village. Un jeune homme, Clotaire, qui au fil d’un parcours initiatique, un peu ésotérique (apparitions, sorcière, Saints Patrons…), a eu la révélation de sa vie. C’est lui qui aurait ouvert la voie au fil des siècles à ses successeurs. « A la fin du parcours, les visiteurs peuvent retrouver la reproduction – bien réelle – de la toute première sculpture de Clotaire. » Une mise en abîme entre présent et légende, somme toute, qui éclaire d’un jour nouveau l’histoire de Wallers.

 

Est-il utile de préciser que chez Inouit, on attend avec impatience de se pencher sur les prochains parcours en Avesnois ? Quoi qu’il en soit, si le cœur vous en dit, vous êtes invités à vous immerger dans ces balades mystérieuses qui, n’en doutez pas, vous garantissent un voyage dans le temps comme dans l’espace dont on revient ravis !

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Inouit